Thèse de Jordi VIGNAUD

Le 26 septembre 2025, Jordi VIGNAUD, a obtenu sa thèse de doctorat intitulée :

« Effet d'un extrait de spiruline sur le métabolisme musculaire et hépatique chez le rat mâle Wistar soumis à un régime hyperlipidique et à un entraînement en endurance ». 


Lieu : IUT Laval, bâtiment administratif, amphithéâtre 1
Dates : Vendredi 26 septembre 2025 à 9h30

Composition du jury

Examinateurs :

  • Christine Feillet-Coudray, Directrice de Recherche à l’INRAE Montpellier
  • Khadija Ouguerram, Professeure à l’Université de Nantes
  • Nicolas Peyrot, Professeur à Le Mans Université

Rapporteurs :

  • Nathalie Boisseau, Professeure à l’Université Clermont Auvergne
  • Carole Groussard, Professeure à l’Université de Rennes 2

Directeur de thèse :

  • Lionel Ulmann, Professeur à Le Mans Université

Co-encadrante de thèse :

  • Céline Loiseau, Maîtresse de conférences à Le Mans Université

Résumé de la thèse

L’augmentation croissante de la sédentarité et de l’obésité de la population mondiale, justifie la recherche de stratégies d’intervention, qu’elles soient physiques ou nutritionnelles, afin de lutter contre cette tendance. De nombreux facteurs tels que les facteurs environnementaux, sociaux ou nutritionnels sont associés à l’obésité. Dans la présente étude, seul le facteur nutritionnel sera appréhendé dans le cadre de l’installation de cette pathologie chez un modèle murin. Cependant, modifier ses habitudes alimentaires ne suffit pas toujours à remédier à l’obésité. En effet, la pratique d’une activité physique régulière et la prise de compléments alimentaires, contenant des molécules bioactives non médicamenteuses, semblent être une stratégie prometteuse afin de palier ce trouble du métabolisme. Depuis de nombreuses années des compléments alimentaires à base de microalgues ont été développés en nutraceutique, faisant des ressources reconnues pour leur valeur nutritive. Parmi celles-ci, la spiruline, une cyanobactérie, a montré un potentiel d’intérêt dans le domaine de la nutrition. Ainsi, notre étude a consisté à évaluer les effets d’une supplémentation en extrait de spiruline (SLE), riche en phycocyanine (PC), sur le métabolisme et la physiologie de jeunes rats adultes soumis à un régime hyperlipidique et à un entraînement en endurance.
Trois axes principaux ont été explorés dans le cadre d’une supplémentation en SLE associé à un entraînement en endurance : (1) performance physique et adaptations musculaires dans le contexte d’un régime équilibré ; (2) métabolisme énergétique musculaire au cours d’un régime obésogène (riche en lipides et en sucres) ; (3) métabolisme des acides gras hépatiques dans un modèle de stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD).
Durant huit semaines, plusieurs paramètres physiologiques ont été suivis, dont le poids corporel, l’apport alimentaire, et un test d’effort maximal. À la septième semaine, un test de tolérance au glucose a été réalisé afin d’évaluer la régulation de la glycémie souvent altérée par un régime obésogène. Des analyses biochimiques plasmatiques ont permis de déterminer le profil glycémique (glycémie à jeun, insuline) et le profil lipidique (triglycérides et cholestérol). L’expression des gènes associés à la fonction musculaire et au métabolisme énergétique a été mesurée dans deux types de muscles, le soléaire et l’extenseur long des orteils. Dans le foie, leprofil en acides gras a été déterminé par chromatographie en phase gazeuse, en complément du dosage des triglycérides hépatiques et de l’expression de gènes impliqués dans lasynthèse des acides gras. Avec un régime équilibré, le SLE améliore la performance aérobie, comme l’indique l’augmentation du test d’effort maximal. La surexpression de gènes clés tels que la carnitine palmitoyltransférase 1A et la glycogène synthase suggère un renforcement du métabolisme énergétique musculaire pouvant expliquer l’amélioration des performances mesurées. Par ailleurs, la combinaison entre la supplémentation en SLE et l’entraînement a amélioré la régulation de la glycémie, avec une augmentation de l’insulinémie et une meilleure tolérance au glucose. Dans un contexte de régime obésogène, le SLE a permis de réduire la glycémie, améliorer le profil lipidique, protéger le foie de l'accumulation lipidique, et moduler favorablement l'expression de gènes du métabolisme musculaire. Ceci a donc contribué à limiter les complications associées telles que le diabète de type 2, la NAFLD et les maladies cardiovasculaires. L’association avec l’activité physique a amplifié ces effets bénéfiques, suggérant une synergie entre supplémentation et entraînement.

En conclusion, dans les conditions expérimentales étudiées, le SLE se révèle être un complément nutritionnel prometteur pour améliorer la performance physique, soutenir le métabolisme énergétique et atténuer les effets d’une alimentation déséquilibrée.